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2011-09-23
Démarchage bancaire et financier par une personne non habilitée : nullité du mandat confié

par Silvestre Tandeau de Marsac

Une analyse de Silvestre Tandeau de Marsac publiée par Le Monde du Droit et Legalnews.
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Dans un jugement du 24 mai 2011, le tribunal de grande instance de Montbéliard annule un mandat donné à un conseil en fusion-acquisition/rapprochement d’entreprises qui ne s’était pas enregistré comme conseiller en investissements financiers (CIF).
Une décision particulièrement intéressante tant sur la question de la qualification de l’activité de conseil en fusion-acquisition/rapprochement d’entreprise que sur les conséquences du non-respect de la réglementation relative au démarchage bancaire et financier.

Un décryptage de Silvestre Tandeau de Marsac, Fisher, Tandeau de Marsac, Sur & Associés.

Le dirigeant et actionnaire unique d’une SAS a reçu le 14 juin 2006 un courrier d’une personne se présentant comme " conseil en fusions-acquisitions, rapprochement d’entreprises spécialisé dans la réalisation d’alliances industrielles et commerciales ainsi que dans l’ingénierie d’opérations de haut de bilan, essentiellement des cessions d’entreprises ".

Dans ce courrier, le conseil en fusions-acquisition/rapprochement d’entreprises indiquait au dirigeant qu’il prenait contact avec lui afin de lui proposer un projet d’alliance avec un groupe industriel européen par voie de cession de contrôle d’une majorité voire de la totalité des parts formant le capital de sa société.

Un mandat de cession était signé entre le conseil en fusions-acquisition/rapprochement d’entreprises et le dirigeant pris en sa qualité de propriétaire de l’intégralité des parts de cette société.

En vertu de ce mandat, le conseil en fusions-acquisition/rapprochement d’entreprises devait présenter au dirigeant des acquéreurs candidats à la reprise de la totalité des parts sociales de sa société.

Aucune suite n’était donnée aux propositions reçues.

S’interrogeant sur les compétences réelles de son conseil, le dirigeant d’entreprise s’est alors aperçu, après vérifications, que ce dernier n’était inscrit ni en tant que démarcheur bancaire et financier, ni en tant que CIF.

Prenant acte du défaut d’habilitation de son conseil, le mandant a donc estimé que le mandat de cession était nul.

Après avoir appris que le dirigeant avait finalement cédé son entreprise, le conseil en fusions-acquisition/rapprochement d’entreprises a réclamé le règlement des honoraires de diligences en application du mandat de cession, estimant avoir été à l’origine de ladite cession.

Le cédant s’étant fermement opposé à sa demande, le conseil a assigné ce dernier devant le tribunal de grande instance de Montbéliard aux fins de le voir condamner à lui verser les honoraires de diligences ainsi que des honoraires de bonnes fins.

Le cédant demanda alors au tribunal de constater le caractère nul et non avenu du mandat de cession aux motifs que le démarchage du conseil en fusions-acquisition/rapprochement d’entreprises était illicite et que le mandat ainsi signé avait pour objet l’exercice illégal du conseil en investissements financiers.

 
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